Un enseignant, un tableau noir, quatre millions de vues
En 2007, l’enseignant de physique américain Greg Craven publiait sur YouTube une vidéo tournée par ses soins : « The Most Terrifying Video You’ll Ever See ». Pas d’effets spéciaux, pas de budget, juste un homme devant un tableau portant une matrice à quatre cases. En six mois, elle a été vue quatre millions de fois. Craven en a ensuite tiré le livre « What’s the Worst That Could Happen? ».
Sa question de départ est d’une honnêteté désarmante : et si nous ne savions pas avec certitude que la catastrophe climatique arrive ? Plutôt que de se disputer sur les probabilités, Craven dessine un tableau avec deux questions. La catastrophe arrive-t-elle, oui ou non ? Et : agissons-nous, oui ou non ? Cela donne quatre futurs possibles.

Les quatre cases
Case A : nous agissons, la catastrophe n’arrive pas. Le « pire » cas de l’action : nous avons investi de l’argent dans la transformation de l’approvisionnement énergétique, peut-être sans nécessité. Ce qui reste : un air plus propre, une énergie indépendante, de nouveaux emplois.
Case B : nous agissons, la catastrophe arrive. Nous avons anticipé. Les conséquences sont amorties, nous gardons notre capacité d’action.
Case C : nous n’agissons pas, la catastrophe n’arrive pas. Nous avons eu de la chance. Rien investi, rien perdu, mais justement : de la pure chance.
Case D : nous n’agissons pas, la catastrophe arrive. La case que personne ne choisirait : des régions inhabitables, des récoltes perdues, des conflits, et plus aucune possibilité de revenir en arrière.
La chute de Craven : ce n’est pas nous qui décidons de la colonne qui se réalisera. De la ligne, si. Qui agit limite son pire cas à la case A, de l’argent dépensé. Qui n’agit pas laisse la case D ouverte. Choisir entre un investissement perdu et des moyens d’existence perdus n’est pas une décision difficile.
L’objection honnête, et pourquoi le modèle tient quand même
Nous ne serions pas Solarmaa si nous passions le point faible sous silence : des critiques objectent que le tableau ne dit rien des probabilités. Avec la même logique, on pourrait s’assurer contre n’importe quel danger, même hautement improbable. C’est exact, et comme pur jeu de l’esprit, la grille serait attaquable.
Sauf qu’en matière de climat, les probabilités ne sont pas inconnues. La recherche climatique affirme depuis des décennies, avec une certitude croissante, que la colonne de droite est nettement plus probable sans mesures de correction. La grille de Craven ne remplace pas la science : elle répond à une autre question, comment décider tant que je reste personnellement incertain ? Et à cela, il existe une réponse rationnelle, sans profession de foi.
Pourquoi le calcul est encore meilleur avec le solaire
Le « pire cas » de Craven dans la case A, c’est de l’argent peut-être dépensé pour rien. C’est exactement là que le photovoltaïque devient intéressant : une installation solaire est une action climatique qui se rembourse elle-même. Elle s’amortit sur sa durée d’exploitation et fournit ensuite du courant bon marché, indépendamment de la colonne qui se réalise.
La case A perd ainsi tout son caractère effrayant : même si toutes les inquiétudes climatiques devaient se révéler infondées, tu ne te retrouves pas avec de l’argent perdu, mais avec une installation qui réduit ta facture d’électricité. Le pari que Craven met en équation n’est plus un pari avec le solaire : il est gagnant dans les deux colonnes.
Pour aller plus loin
L’original reste disponible sur YouTube, en anglais : « The Most Terrifying Video You’ll Ever See » de Greg Craven. Et qui veut approfondir trouvera dans son livre « What’s the Worst That Could Happen? A Rational Response to the Climate Change Debate » la version détaillée, avec les réponses aux objections les plus fréquentes.
Et si tu veux changer de ligne dans le tableau : calcule en deux minutes ce que ton toit peut faire ou pose-nous directement la question.
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